Bûgnes

Autrefois, la coutume voulait que des repas et sucreries roboratives consolent du carême à venir. La « semaine des sept jours gras » s'achevait le mardi, jour du carnaval signant la fin du bon temps !

BugnesvignetteDans les cuisines et chez les boulangers du monde catholique, huiles et beurre, qui ne survivaient pas à ce jeûne prolongé, étaient recyclés dans la confection de beignets de dernière minute. La recette prit toutes les consonances régionales et les formes les plus fantaisistes : oreillons, croustillons, tortillons, bottereaux et autres beignets de carnaval... Pantragruel s'en saisit goulûment dans l'œuvre de Rabelais. Dans le duché de Savoie, le Lyonnais et la Franche-Comté, les beignets prirent le nom de bûgne ou de beugne. Le mot connût un certain succès quand l'usage voulut qu'il désignât les coups, les gifles et les bosses, les mensonges, les niais et les naïfs ouencore«NomdeDieu»ou«Zut». Aujourd'hui, les conversations derrière les pianos de cuisine sont divisées par une question d'importance : la bûgne doit-elle craquer sous la dent ou être moelleuse à l'intérieur ? À vous de trancher. Elle s'accompagne d'un vin blanc moelleux, d'une liqueur à base d'agrumes ou d'une eau-de-vie de fruit