La tomate du péché

A l’origine, en Amérique centrale et chez les Incas, la tomate n’est pas ce fruit pulpeux qui orne nos salades. Elle est alors petite et le plus souvent de couleur jaune et en forme de cœur. 

tomateComme il restait un peu de place dans les coffres remplis d’or des conquistadors de retour du Pérou, ils en importèrent quelques plants. Les Maures en assurèrent la promotion dans tout le bassin méditerranéen. Mais on ne l’a mangeait guère ; la considérant comme une plante ornementale.
Elle entre en France sur la pointe des pieds à la fin du XVIIIe siècle. On s’en méfie encore. Les Anglais conseillent de la faire bouillir 3h afin de se protéger de ses effets supposés toxiques.
La tomate fit un retour en Amérique (du Nord cette fois). Sa forme, encore elle, incita les puritains à la classifier parmi les péchés les plus graves, au même titre que le jeu, la boisson et la danse.
Sa dangerosité s’aggravait donc d’une dimension spirituelle. Il fallut qu’un colonel de l’armée, lors d’un show devant 2 000 personnes, ingurgite un kilo de tomate et y survive pour qu’enfin ce fruit puisse dépasser toutes les superstitions.